Le 8 octobre 2026, nous avons participé à Cegid Connections Enterprise au Palais Brongniart à Paris. Cette journée réunissait décideurs, équipes produits, partenaires et clients autour des évolutions des solutions Cegid, de l’intelligence artificielle et de la transformation de la fonction finance.
Cegid Connections Enterprise 2026 au Palais Brongniart, Paris.
Au-delà des annonces technologiques, une direction claire se dégage : l’ERP n’est plus seulement un logiciel de comptabilité ou de gestion. Il devient progressivement la colonne vertébrale d’un système d’information connecté, capable de fiabiliser l’exécution, d’automatiser certains contrôles et de mieux exploiter les données pour anticiper.
La vision présentée par Cegid peut se résumer en trois verbes :
Exécuter. Automatiser. Anticiper.
Pour les PME et les ETI, cette trajectoire ne signifie pas qu’il faut tout automatiser immédiatement. Elle invite plutôt à construire un socle de gestion fiable, à connecter les applications utiles, puis à introduire progressivement les automatisations qui apportent une valeur mesurable.
Sur place avec les équipes Cegid
Julien Petitjean, Target Business Solutions, avec Alexandre Ghilardi et Ségolène Coisne de Cegid lors de Cegid Connections Enterprise 2026.
À retenir
- L’ERP devient le référentiel central d’un écosystème d’applications.
- L’intelligence artificielle assiste, détecte et propose, mais l’utilisateur conserve la décision.
- Les API et, à plus long terme, le MCP renforcent l’ouverture des solutions.
- La donnée doit servir un pilotage plus rapide, et non uniquement expliquer le passé.
- La réussite d’un projet ERP dépend autant de la méthode et de l’adoption que de la couverture fonctionnelle.
- Le déploiement doit partir du standard et réserver les développements spécifiques aux véritables écarts métier.
1. Exécuter : simplifier et fiabiliser les opérations quotidiennes
Le premier pilier présenté par Cegid concerne l’exécution : réduire les erreurs, éliminer certaines ressaisies et mieux structurer les processus courants.
Cela concerne aussi bien la finance et la comptabilité que les achats, les approvisionnements, les ventes, la distribution, la production et les stocks. La conformité réglementaire, la sécurité et l’accessibilité restent également au cœur des roadmaps produits présentées pendant l’événement.
Pour une PME ou une ETI, la première valeur d’un ERP reste donc très concrète :
- disposer d’une donnée commune ;
- suivre un processus de bout en bout ;
- éviter qu’une même information soit saisie dans plusieurs outils ;
- sécuriser les validations ;
- connaître les stocks, les encours et les marges sans reconstruire continuellement des fichiers Excel.
Cette approche rejoint directement les situations que nous rencontrons : activité qui grandit plus vite que les outils, multiplication des tableurs, données dispersées et manque de visibilité sur les marges ou les stocks.
Ce que cela implique pour un projet ERP
L’objectif ne doit pas être de reproduire à l’identique l’ensemble des habitudes de l’ancien logiciel. Le cadrage doit distinguer :
- les processus qui peuvent être standardisés ;
- les règles spécifiques qui créent une véritable valeur métier ;
- les tâches devenues inutiles grâce au nouveau système ;
- les interfaces réellement nécessaires avec les applications existantes.
Un ERP moderne apporte d’abord de la valeur lorsqu’il rend le quotidien plus simple et plus fiable. Découvrez notre méthode d’intégration ERP Cegid.
2. Automatiser sans transformer l’ERP en boîte noire
Le deuxième enseignement majeur concerne l’intelligence artificielle et l’automatisation.
Cegid a distingué trois grandes catégories d’agents dans sa vision produit :
- les agents d’aide, destinés à accompagner l’utilisation des logiciels ou la recherche d’informations ;
- les agents de conseil, capables de mettre en évidence un mouvement inhabituel ou un écart par rapport aux règles internes ;
- les agents d’automatisation, qui proposent une action que l’utilisateur peut ensuite valider ou refuser.
Le principe présenté est important : l’automatisation ne doit pas retirer à l’utilisateur la maîtrise du processus.
Le système peut analyser, détecter et préparer une action. La validation finale reste entre les mains de la personne responsable.
Une démonstration concrète dans Cegid XRP Flex
Aperçu de l’interface Cegid XRP Flex. Source : Cegid.
Lors de la conférence, Cegid a notamment présenté un cas de détection d’anomalies dans XRP Flex. L’analyse portait sur les marges, les erreurs, les doublons et les montants inhabituels avant validation.
Pour une entreprise, ce type de fonctionnement peut permettre de signaler par exemple :
- une commande dont la marge est anormalement faible ;
- un montant inhabituel par rapport aux opérations comparables ;
- un éventuel doublon ;
- une donnée qui s’écarte d’une valeur attendue ;
- une transaction qui mérite une vérification humaine.
Il convient néanmoins de distinguer clairement :
- les fonctions déjà commercialement disponibles ;
- les démonstrations réalisées dans les espaces d’innovation (Innovation Lab) ;
- les fonctionnalités annoncées dans la roadmap ;
- la vision produit à plus long terme.
Cette prudence est indispensable avant d’intégrer une fonction IA à un cahier des charges ou à une proposition commerciale.
L’IA doit libérer l’expertise
L’intérêt n’est pas d’automatiser pour supprimer l’intervention humaine. Il est de réduire le temps passé sur les contrôles répétitifs afin que les équipes se concentrent sur l’analyse, l’arbitrage, la relation avec les métiers et la prise de décision.
Cette philosophie est particulièrement pertinente pour les PME et ETI, dans lesquelles les équipes administratives et financières sont souvent réduites et doivent absorber une activité croissante sans multiplier les tâches manuelles.
3. Anticiper : passer du reporting rétrospectif au pilotage
Le troisième pilier consiste à passer d’un pilotage fondé sur les chiffres du mois précédent à une utilisation plus immédiate des données.
Cegid a présenté une architecture financière combinant les données issues de l’ERP, de la fiscalité, de la trésorerie et de la mobilité. Le Data Lake évoqué lors de la conférence existe déjà pour certains services. Cegid a notamment présenté un service de justification de TVA comme disponible, tandis que la prévision de trésorerie enrichie était décrite comme étant encore en construction.
Cette distinction est importante : la vision cible est ambitieuse, mais tous les services ne sont pas disponibles au même moment.
La fonction finance devient plus stratégique
Dans de nombreuses organisations, la direction financière ne peut plus se limiter à produire des comptes et des tableaux de bord.
Elle doit également :
- expliquer les écarts ;
- simuler plusieurs hypothèses ;
- suivre la trésorerie ;
- documenter les investissements ;
- accompagner les autres directions ;
- faciliter les arbitrages de la gouvernance.
Pour les PME et les ETI, le passage de l’exécution à l’anticipation suppose cependant une condition préalable : la donnée source doit être fiable.
Une intelligence artificielle ou un tableau de bord ne peut pas compenser durablement :
- des référentiels incohérents ;
- des règles de gestion non définies ;
- des interfaces instables ;
- des stocks inexacts ;
- des imputations analytiques différentes selon les utilisateurs.
La qualité du pilotage commence donc dès la phase de cadrage et de structuration des données. Retrouvez les enjeux de pilotage pour la direction financière.
4. L’ERP comme colonne vertébrale d’un système ouvert
L’un des messages les plus importants pour Target Business Solutions concerne l’ouverture des solutions.
Un ERP ne doit pas obligatoirement remplacer toutes les applications de l’entreprise. Il doit surtout assurer la cohérence des données et orchestrer les échanges avec les outils spécialisés qui restent utiles.
Cegid a placé les API et le Model Context Protocol, ou MCP, au cœur de sa vision d’ouverture. La présentation indique que les solutions devront permettre aux outils d’intelligence artificielle d’accéder aux informations en respectant les droits de chaque utilisateur. Cegid a également indiqué que les API devaient encore être développées dans certaines gammes de produits.
API et MCP ne répondent pas exactement au même besoin
Les API permettent notamment de connecter l’ERP à :
- une boutique e-commerce ;
- un CRM ;
- un WMS ;
- un portail client ;
- une solution métier ;
- une plateforme de Business Intelligence ;
- un outil de signature ou de paiement.
Le MCP vise plutôt à standardiser la manière dont un assistant ou un agent IA peut interroger les données et les fonctions d’une application, dans un cadre contrôlé.
Dans les deux cas, l’enjeu est le même : éviter que l’ERP fonctionne comme un système isolé. Explorez notre approche des connexions API et inter-applicatifs.
Un point de vigilance
Le MCP a été présenté dans une vision à cinq ans. Il ne faut donc pas le présenter aujourd’hui comme une fonctionnalité généralisée et immédiatement disponible dans toutes les solutions Cegid.
Le bon discours consiste à dire que :
- XRP Flex dispose déjà d’une architecture ouverte et d’API ;
- Cegid confirme cette orientation ;
- le MCP fait partie de la trajectoire produit annoncée ;
- la couverture exacte et le calendrier devront être vérifiés pour chaque solution.
5. Le retour d’expérience de la Fédération Française de Tennis
Le témoignage de la Fédération Française de Tennis concernait Cegid XRP Ultimate, et non XRP Flex. Il ne constitue donc pas une référence fonctionnelle directement transposable à une PME.
Il apporte néanmoins plusieurs enseignements méthodologiques très utiles pour tout projet ERP.
Une colonne vertébrale connectée à environ 25 applications
La FFT recherchait à la fois la robustesse d’un ERP financier et la capacité à connecter un écosystème composé d’environ 25 applications, dont certaines étaient très spécifiques à ses activités. L’ouverture de la solution et son interopérabilité ont été présentées comme des critères déterminants.
Ce retour confirme une idée essentielle : une architecture ouverte ne signifie pas une architecture désordonnée.
L’ERP reste le référentiel central. Les applications spécialisées continuent à remplir leur rôle, mais leurs échanges doivent être gouvernés, tracés et maintenus.
Un projet pensé comme une transformation collective
La FFT a également insisté sur l’adoption des équipes. Environ quinze collaborateurs utilisent quotidiennement les outils financiers, tandis qu’environ 220 personnes sont concernées directement ou indirectement par les workflows et les validations.
Cette dimension est parfois sous-estimée dans les PME et les ETI. Pourtant, un projet ERP modifie :
- les rôles ;
- les responsabilités ;
- les validations ;
- la manière de saisir les informations ;
- les indicateurs suivis ;
- la collaboration entre services.
Un déploiement en neuf mois
La FFT a annoncé un déploiement en neuf mois, en s’appuyant sur la méthode Quick Launch et sur un environnement préparamétré. Les ateliers ont été concentrés sur les écarts apportant une véritable valeur métier, afin de limiter la mobilisation des équipes et de mieux maîtriser le budget et le calendrier.
La reprise d’environ un million de lignes d’écritures aurait ensuite été réalisée en près de deux heures lors de la bascule. Ce résultat illustre surtout l’importance de la préparation, des tests et des répétitions précédant le go-live.
Enfin, le message de conclusion mérite d’être retenu : le go-live ne doit pas être considéré comme la fin du projet, mais comme le début d’une trajectoire d’amélioration continue.
6. Ce que nous retenons pour les PME et ETI
Les problématiques d’une PME ne sont pas celles d’une grande fédération ou d’un grand groupe. Les enseignements de cette journée restent néanmoins directement applicables.
Commencer par les irritants réels
Un projet ERP ne doit pas commencer par une liste de modules.
Il doit partir des situations qui pénalisent aujourd’hui l’entreprise :
- une clôture trop longue ;
- des marges connues trop tard ;
- des commandes ressaisies ;
- des stocks non fiables ;
- des applications isolées ;
- des relances manuelles ;
- un manque de visibilité sur la trésorerie ;
- des reportings reconstruits chaque mois.
Construire une trajectoire progressive
Une démarche réaliste peut être organisée en quatre niveaux :
- Structurer l’ERP : finance, achats, ventes, stocks et référentiels.
- Connecter l’écosystème : e-commerce, CRM, portails, BI, WMS ou applications métiers.
- Automatiser les tâches répétitives : génération de documents, notifications, contrôles ou synchronisations.
- Introduire l’intelligence : détection d’anomalies, propositions et signaux d’aide à la décision, avec validation humaine.
Ne pas surdimensionner le premier lot
La meilleure architecture n’est pas nécessairement celle qui active immédiatement tous les modules.
Il est généralement préférable de :
- sécuriser un premier socle ;
- former les utilisateurs ;
- stabiliser les données ;
- mesurer les premiers gains ;
- prioriser ensuite les extensions.
Cette approche réduit le risque de projet tunnel et limite la charge imposée aux équipes métiers. Consultez les modules de Cegid XRP Flex pour organiser ce premier périmètre.
Préparer l’adoption dès le cadrage
La formation ne doit pas intervenir uniquement quelques jours avant la mise en production.
Les futurs utilisateurs doivent être associés à la définition des processus, aux arbitrages et à la recette. Ils doivent comprendre :
- pourquoi le changement est engagé ;
- ce qui va réellement évoluer ;
- les tâches qui seront supprimées ;
- les contrôles qui resteront sous leur responsabilité ;
- les bénéfices attendus dans leur quotidien.
L’approche de Target Business Solutions
Chez Target Business Solutions, nous considérons Cegid XRP Flex comme le noyau de gestion autour duquel doivent être organisés les flux utiles à l’entreprise.
Notre accompagnement associe :
Cadrage métier
Nous analysons les processus, les données, les applications existantes, les contraintes et les objectifs avant de définir le périmètre.
Intégration ERP
Nous paramétrons Cegid XRP Flex autour des usages validés avec les équipes : finance, achats, ventes, stocks, CRM, production ou gestion multi-sociétés.
Connexions
Nous intégrons l’ERP aux outils qui doivent continuer à fonctionner : e-commerce, CRM, WMS, plateformes métiers, portails et solutions de Business Intelligence.
Formation et adoption
Nous accompagnons les équipes dans la prise en main, la recette et le démarrage afin que le nouvel environnement soit réellement utilisé.
Découvrez notre rôle d’intégrateur Cegid XRP Flex ou échangeons sur votre projet ERP.
Conclusion
Cegid Connections Enterprise 2026 confirme une évolution de fond : l’ERP devient moins un outil isolé qu’une plateforme de gestion ouverte, connectée aux applications de l’entreprise et progressivement enrichie par l’automatisation et l’intelligence artificielle.
Mais la technologie ne suffit pas.
La valeur d’un projet dépend toujours de la qualité du cadrage, des données, des interfaces, des arbitrages fonctionnels et de l’adoption par les équipes.
La bonne trajectoire n’est donc pas de tout automatiser immédiatement. Elle consiste à :
exécuter plus simplement, connecter ce qui doit l’être, automatiser avec contrôle, puis mieux anticiper grâce à des données fiables.
Sources et précisions
- Programme officiel de Cegid Connections Enterprise 2026
- Retour en images officiel Cegid sur LinkedIn
- Notes prises lors des conférences du 8 octobre 2026.
- Le témoignage FFT concerne Cegid XRP Ultimate. Les fonctions, licences et calendriers de disponibilité doivent toujours être confirmés pour Cegid XRP Flex et pour chaque environnement client.
